Afin de limiter les déchets ménagers et de nourrir la terre, nous allons utiliser le processus naturel de la décomposition des matières afin de créer du compost. Vous avez déjà marché en forêt et rêvé d’avoir la même terre pour vos plantes ? Alors, vous êtes prêt à faire du compost. Comme pour beaucoup de choses, le compost demandera un peu de travail, un peu de patience et un peu de surveillance.
Les invertébrés et les micro organismes ont besoin d’oxygène, d’azote (déchets verts) et d’humidité pour bien travailler. La putréfaction peut faire son apparition si votre tas est mal oxygéné.
Implantation
Vous pouvez implanter votre tas n’importe quand, en dehors de périodes de gel et de neige. Idéalement, procédez à l’automne, c’est à ce moment que vos déchets verts sont les plus nombreux.
Le lieu choisi doit être adapté : éviter le soleil brulant, le vent, l’obscurité et le froid intense. Exemple adéquat : à l’ombre d’un arbre, d’une haie mais dans un endroit lumineux tout de même.
Pensez à vous laisser de la liberté de mouvement devant votre composteur. Mettre en place des dalles devant le composteur vous évitera de patauger dans la boue avec votre fourche chargée de déchets. Pensez également que l’hiver, dans la neige, il faudra que ça reste pratique d’aller vider la poubelle compost avant de partir bosser !
Les composteurs du commerce présentent des avantages mais aussi des inconvénients (volume limité, manipulation merdiques, pourrissement…).
Il est conseillé de réaliser deux enclos à compost. Ainsi, l’aération en est facilitée en faisant passer le tas d’un enclos à l’autre.
Il est impératif que le compost soit en contact avec le sol. (c’est de là que viennent beaucoup de micro-organismes).
La strate de départ idéale est composée d’une petite couche de 20cm de branchettes, brindilles, rameaux afin de permettre la circulation d’air.
Créer un enclos de forme cubique, planches espacées pour l’aération et façade démontable.
Être vigilant par la suite en assurant régulièrement un apport déchets verts / déchets bruns.
Un composteur d’1 m3 peut traiter les déchets d’une famille de quatre personnes.
Les outils préconisés :
- une fourche
- un broyeur pour les déchets bruns volumineux (branches…) ou bien sécateur + hachette sur un rondin + pelle pour briser les feuilles…
- un humidificateur pulvérisateur dédié
Les déchets acceptés :
1. déchets verts
- tontes de gazon (faire sécher avant de les incorporer & pas trop), faire du paillage me semble plus interessant
- restes de légumes et de fruits (crus, cuits, avariés)
- épluchures de légumes, de fruits (agrumes = découper la peau en petits morceaux)
- couennes de jambon
- croûtes de fromage
- feuilles
- fleurs fanées
- tiges de rhubarbe mais pas les feuilles
- les mauvaises herbes (indigènes) non montées en graines (sinon les faire tremper avant de les incorporer
- les plumes
- coquilles de noix, noisettes, cacahuetes
- noyaux de pêches et d’avocats
- Marcs de café + filtres
- Céréales
- champignons
2. déchets bruns
- papiers et cartons déchiquetés humidifiés (pas de papier glacé,publicités en couleurs, collés, agrafés…)
- coquilles d’oeufs réduites en miettes
- tissus naturels : lin, coton, laine.
- feuilles
- cheveux et poils humidifiés
- tailles d’arbustes broyées
- mouchoirs en papier & sopalin
- thé et sachets de thé
3. A éviter
- sciures d’agglo
- feuilles de rhubarbe
- viandes, os et poissons
- excréments
- graines de mauvaises herbes (indigènes)
- produits laitiers
- poussière d’aspirateurs
Il faut que le tas soit bien fragmenté (plus vous broyez, plus la décomposition sera rapide), toujours suffisamment humide (sinon arroser avec de l’eau de pluie), en le brassant toutes les deux semaines dans les deux premiers mois, puis toutes les 5 à 6 semaines.
Première étape : dégradation (trois à quatre semaines)
Durant cette période, la température à l’intérieur du tas doit être comprise entre 50 et 80°C.
A l’issue de cette période, le tas a bien réduit et sa température est de 40°.
Deuxième étape : élaboration d’humus (8 mois-11 mois)
De nouveaux organismes prennent la relève et se nourissent des cadavres de leur prédécesseurs.
Au bout de 9 mois, le compost est mûr, vos déchets sont devenus de la terre brune et sentent la litière forestière…
On peut tamiser le compost et remettre les déchets non digérés au compostage.
Il est déconseillé d’épandre le compost sur un sol froid ou gelé. Périodes idéales d’épandage : automne et printemps.
Détermination de l’humidité
je prélève une poignée de compost au bout de trois mois et je presse fortement :
- quelques gouttes suintent entre mes doigts : tout va bien. (éponge essorée)
- Rien ne coule : c’est trop sec.
- beaucoup d’eau coule : il faut le dispatcher au sol pour le faire sécher.
Je plante un manche à balai au milieu du tas. S’il ressort noir, pâteux et collant, il faut éparpiller tout de suite la pourriture. Aérez !
Bibliographie :
Le compost – Pascal Farcy – Editions Eyrolles (2007)
Le jardin bio – M.-L. Kreuter – Editions Vigot (2004)
Tags: compost, far, pari, RIO, vie